Ceinture noire : Comment réussir vos Bunkaï ?

Ceinture noire : Comment réussir vos Bunkaï ?

15 avril 2019 0 Par Denis Descamps

Le passage de Grades pour la ceinture noire se compose de 6 modules : le Kihon, les Katas, les Bunkaï, Kijon Ippon Kumite (combat codifié à deux), Jiuy Ippon Kumite (assauts à deux) et Ju Kumite (ou Randori, combat libre). Nous allons, au cours d’une série d’articles, étudier la totalité de ces modules, qui vous seront demandés le jour du passage de grades. Etudions ici le BUNKAÏ.

Module n°3 – Le  BUNKAÏ

Le principe : mettre en application 3 séquences du Kata et, à l’aide d’un partenaire, les transformer en une phase de combat où ton partenaire t’attaque (1, 2 ou 3 fois selon la séquence) et où tu pares et contres en respectant la forme originale du Kata.

Comment ça se passe ?

Ça ne peut pas être plus simple. Le règlement dit : « Le candidat est évalué avec un partenaire, choisi parmi les candidats, avec un minimum de 3 séquences de son choix issues d’un kata de sa liste. »  Il fut une époque où les candidats étaient interrogés sur n’importe quelle séquence de n’importe quel kata parmi les 6 du programme. Il fallait être capable de tout appliquer instantanément, c’était un travail de titan mais ça obligeait à trouver des raccourcis et à improviser dans l’instant. Le Kata est comme un livre de grammaire et le Bunkai est une dictée préparée : la mise en application de la forme. Tu peux présenter deux katas et une série de 3 bunkai issus d’un autre kata ; la seule règle est que les 3 séquences doivent être issues du même kata. Sache que le jury s’attend à ce que tu choisisses une séquence dans l’un des 2 katas que tu as présentés mais ce n’est pas une obligation.

Donc ton job est le suivant : tu te positionnes et tu demandes à ton partenaire d’adopter une position, par exemple « position de combat jambe avant », puis tu lui donnes les instructions : « tu m’attaques au visage en avançant d’un pas, Oï Zuki Jodan ». Il t’attaque et là tu pares, puis tu lui demandes une nouvelle attaque : « tu enchaînes avec Mae Giri Chudan puis Maete Zuki Jodan » et là tu finis la séquence du bunkaï. Une fois à vitesse lente en décomposant les attaques ; une fois à vitesse réelle en demandant au partenaire d’enchaîner les deux ou 3 attaques. Tu reproduis ce schéma sur les 3 séquences de ton choix, parmi les katas que tu as présentés.

Sur quoi tu es jugé ?

>> La maîtrise de ton partenaire – tu dois être capable de le guider  de façon simple et efficace, en lui donnant des instructions claires.

>> Le respect de la forme du kata – comme le kata est un combat imaginaire, le jury doit « voir » le kata au travers du bunkai.

>> L’originalité de l’écriture gestuelle – le bunkai est l’occasion idéale de montrer son bagage technique, donc n’hésite pas à insérer des choses plus originales, à imaginer une séquence qui ne soit pas basique et qui sera la même que celle du candidat d’avant. Pour cela, prends les séquences les plus techniques du kata que tu as choisi.

Ce que tu dois maîtriser

Il s’agit d’une leçon que tu dois réciter, donc du dois la connaître par cœur, comme une extension du kata. Il y a 0 difficulté >> le bunkai doit te permettre à 100% d’engranger des points facilement.

Le(s) piège(s) à éviter

Proposer 3 séquences hyper basiques qui ne mettent pas en valeur TON karaté. Il faut que tu écrives ce bunkai en amont, pour qu’il te ressemble. Le jury doit sentir une approche tonique et originale, qui a impliqué un peu de recherche.

Les séquences improbables – il faut que les bunkai soient réalistes. Par exemple, ne demande pas une saisie simple. Si un mec te saisit dans la rue, ce n’est pas pour tester la résistante de ton T-shirt. Il va forcement enchaîner avec un coup de tête ou un coup de poing ou un genou. Il faut que cette saisie soit suivie d’une attaque. Dans le même registre, une saisie au vol d’un coup de poing est totalement irréaliste. En préparant tes bunkai, teste-les en condition réelle et si ça ne passe pas, il faut le modifier.

La vraie difficulté

Maîtriser le partenaire – une grande partie de ta réussite réside dans la façon dont tu vas gérer ton partenaire et lui faire comprendre en quelques mots simples ce que tu attends de lui.

Nos conseils

En demander le moins possible à ton partenaire – L’idée est de simplifier la séquence et d’éviter les situations où il va te mettre en difficulté. Si tu demandes trop de mouvements, il y a risque de confusion et il faut gérer de ton côté les explications + ses attaques.

Bien guider ton partenaire – Pour que ton partenaire soit bien guidé, il faut penser à 2 choses : lui donner des instructions claires en FRANÇAIS (qui peuvent être doublées du nom des déplacements et techniques en japonais) ; montrer avec le doigt ce que tu attends de lui. Pour reprendre notre exemple: « tu m’attaques au visage en avançant d’un pas, Oï Zuki Jodan », tu montres du doigt sa main arrière et tu la fais venir sur ton visage.

Comment s’entraîner ?

Au club avec un partenaire, idéalement avec quelqu’un qui va passer le même grade le même jour que toi. Vous alternez les rôles Tori / Uke ; ce qui te permettra de t’enrichir de sa façon de faire. Prends aussi un élève du club au hasard et demande lui de t’aider 5 minutes et tu testes l’efficacité de ton bunkai.

Varier les partenaires – dès que tu maîtrises l’exercice, pense à le travailler avec des partenaires différents, de sexe, morphologie, taille et niveau variés. Ce qui fonctionne avec un grand ne marchera pas forcément avec un petit. Tu dois te préparer à toutes les EVENTUALITÉS.

Chez toi en mode visualisation, tu répètes les gestes, les instructions, les techniques et le déroulé complet des 3 bunkai. Pour une efficacité totale, je te recommande d’écrire les 3 séquences. Ça peut paraître laborieux mais dès que tu le fais, tout devient clair et s’inscrit durablement dans ton esprit.

Comment je l’ai vécu ?

Quand j’ai passé le grade, c’était au jury de décider du kata et du passage, donc il fallait être prêt sur la totalité des six katas. Le jury ayant eu la gentillesse de m’interroger sur le kata que j’ai choisi, m’a facilité la tâche et voyant que j’avais super bien préparé cet exercice, m’a stoppé au bout de deux séquences. Le pied !

En conclusion ?

Autant de bunkai que de pratiquants – certes, il faut aller chercher son inspiration chez ton prof ou sur Internet, mais il faut avant tout trouver la solution qui te convient. Dans les katas on retrouve des séquences similaires : tes bunkai sont donc « recyclables » et adaptables dans un autre kata. Sois créatif et  ne choisis pas des solutions toutes faites qui ne te correspondent pas. Ton karaté va prendre de l’ampleur… Cette UV est finalement facile et si tu la prépares bien, t’apportera un max de points.

Les Bunkaï du Kata Heïan Yodan 

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