Nos conseils pour les passages de grades (ceintures blanche à noire)

Nos conseils pour les passages de grades (ceintures blanche à noire)

3 janvier 2019 0 Par Denis Descamps

Un passage de grades n’est pas un combat de rue. La bagarre en bas de l’immeuble ou en sortie de boite relève d’un tout autre registre et on ne donnerait pas les mêmes conseils pour avoir sa ceinture noire ou se sortir indemne d’une rixe improvisé et sans règles. Il est ici question d’un art martial codifié et de passages de grades réglementés. Ceux qui réussissent ne sont pas les meilleurs karatékas, mais à coup sûr les mieux préparés et les plus disciplinés.

L’efficacité dans la règle

Que l’on soit clair, ce qu’on va t’apporter ici, ce sont des connaissances et des conseils pour :

1. réussir rapidement et au premier essai le passage de grades en vue de l’obtention de la « Ceinture Noire 1er dan »

2. connaître les critères d’évaluation et de validation utilisés par le Jury.

Les critiques sont les bienvenues mais doivent être émises et appréciées à l’aune de cette règle unique, qui fonde la philosophie de Karaté Expert : l’efficacité dans la règle (telle que rédigée par la FFKDA) !

S’engager pour donner envie au jury

Le jour de l’examen, donne tout et ne sois pas sur la réserve. La notion d’engagement est ici capitale : tu dois vivre avec intensité ton karaté pour donner envie au jury de te donner la ceinture noire.

Le jury est bienveillant ; ça ne veut pas dire qu’il va mettre de côté des critères de jugement essentiels, au premier rang desquels l’engagement total qu’il doit percevoir dans ton karaté. Ce jour là, chaque technique est exécutée à 100% de tes possibilités techniques et physiques, et ça doit se voir. Une ceinture noire, ça se mérite alors montre au jury que tu la veux vraiment et que tu en es digne : adopte une attitude martiale et un karaté engagé !

Seul un engagement total te rendra fier de ta ceinture

Ne pas te laisser influencer le jour J

Lors de ce passage, tu es dans ta bulle et tu n’acceptes aucune nouvelle info. Il est trop tard pour changer quoi que ce soit ; alors ne laisse aucun candidat influencer ton passage de grades. Si tu as bossé et si tu as les bonnes infos, tu arrives au passage de grades avec des certitudes et il est dangereux de changer quoi que ce soit, par exemple sur un kata ou un assaut.  La moindre info contradictoire peut perturber tout ton passage de grades.

Si ton sensei est sensé, il doit s’abstenir de changer quoi que ce soit au cours du dernier mois qui précède l’examen. Le cerveau n’aura pas le temps d’assimiler des ajustements techniques de dernière minute. A un mois du grand jour, tu dois être prêt et tu as 4 semaines de répétition pour bien assimiler tout le programme. Selon toi, quel serait l’effet d’un conseil de dernière minute émanant d’une ceinture marron encore plus stressé que toi ?

Se tromper avec autorité

Drôle non ? Et pourtant si utile… Se tromper avec autorité, ça veut dire :

1. assume les erreurs que tu as commises. Il n’y a pas de retour en arrière. Donc même en cas d’erreur, poursuis avec conviction et fais tout à bloc, même si tu sais ou tu sens que tu viens de rater une partie de l’examen. N’oublie jamais qu’il n’y a pas de note éliminatoire et que tout se joue sur la MOYENNE DES NOTES. Même avec un 0 en kata, tu peux sortir du dojo avec ta ceinture noire autour de la taille.

Surtout pour les katas…

2. cette notion « se tromper avec autorité » est surtout vraie pour les katas, bien qu’elle soit valable pour l’ensemble des six modules. Si tu te trompes, continue avec naturel et fais comme si de rien n’était. A priori le jury l’aura vu et appréciera que tu gardes une attitude martiale et combattante, ce qui minimisera l’erreur. Et il est possible que le jury n’ait rien remarqué. Sauf si tu fais une grimace ou que ton corps s’affaisse : là, le jury va comprendre que tu t’es trompé. Voilà pourquoi, si tu te trompes, fais le avec autorité !

3. En cas d’échec, tu ne repasses que les modules où tu n’as pas eu la moyenne, donc chaque module est indépendant et un échec dans l’un d’entre eux ne doit pas te démotiver. Si tu dois repasser ta ceinture noire, ce ne sera que les modules où tu as échoué, donc autant en réussir le maximum.

Voie Traditionnelle ou Voie Compétition ?

Pour obtenir la Ceinture noire par la Voie Compétition, tu dois passer et réussir les modules n°1 (Kihon), n°2 (Kata) et n°4 (Kihon Ippon Kumite) et participer à 5 compétitions, soit en Kata soit en combat (tu ne peux pas mixer les deux). Les compétitions éligibles sont toutes les compétitions du calendrier fédéral. La participation sera le seul critère retenu, quels que soient les résultats obtenus dans ces compétitions.

Ce qu’on en pense !

Contrairement à l’idée la plus répandue, ce n’est pas une solution de facilité et ce pour deux raisons majeures.

Le combat, attirant mais pas sans risques

1. Pas de compétition sans préparation – surtout ne te présente pas en compétition sans une préparation poussée et validée par ton sensei. Il est impensable de s’y présenter sans connaître les règles et sans un entraînement physique et psychique adapté. Tu dois maîtriser la règle de chaque spécialité : en combat, tu dois être prêt à donner et recevoir des coups et tu dois savoir comment combattre et quels sont les critères de jugement. En Kata, le niveau est élevé et tu dois connaître par cœur le rituel et certains critères stricts (par exemple, ne pas respecter les distances par rapport aux juges peut être disqualifiant). C’est donc un travail probablement plus intense que celui de la voie traditionnelle. Il n’y a là aucune économie de moyens et cette voie demande certainement beaucoup plus d’implication physique et psychologique.

2. Risque Physique & Risque Psychologique – on te met en garde (sans jeu de mots, enfin si…), le combat comporte des risques physiques. Même si c’est rare, tu peux être blessé ou blesser ton adversaire. La possibilité existe et tu dois l’accepter, donc la travailler. En te préparant sportivement pour l’éviter ; en te préparant mentalement pour l’accueillir si la blessure survient. Quant au risque psychologique, il est loin d’être neutre.  Contrairement à la voie traditionnelle, où il n’y a ni vainqueur ni vaincu, dans la voie combat entre en jeu la notion de victoire et de défaite.  La défaite peut devenir compliquée à gérer émotionnellement, surtout si tu « en prends plein la courge » ou et si tu t’aperçois que ton niveau est bien en-deçà du niveau global. Bref, ça peut faire mal au moral ! Et à l’ego.

En conclusion

Ne choisis jamais la Voie Compétition par défaut ou par facilité, tu risquerais de subir de graves désagréments. Il faut s’y préparer sérieusement.

Et ne lâche rien, ni aujourd’hui, ni demain !

Vous aimez ? Partagez !
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •