Simplifier son karaté, c’est l’enrichir

15 juillet 2018 0 Par Denis Descamps

Etrange de commencer la série des chroniques sur le karaté par un livre qui ne parle pas du tout de karaté (je crois même que l’occurrence du mot « karaté » doit être de l’ordre de zéro). Et bien voilà un beau défi et à y bien réfléchir, le livre « L’art de la simplicité » de Dominique Loreau peut être utile à tous les karateka.

 

Un livre écrit par une femme, pour les femmes

Simplifiez votre karaté, enrichissez votre vie, ou inversement…

L’auteure (oui, mettons un « e » à ce mot) a longuement vécu au Japon, terre natale du karaté et à la lecture de cet ouvrage, nous avons apprécié sa grande sensibilité et son rapport avec la pratique des arts martiaux. Ce livre s’affiche et s’assume comme un livre écrit pour les femmes, mais comme je suis iconoclaste et que j’assume ma part féminine, j’ai commis l’impensable et ouvert cet opus.

Nous vous le conseillons vivement, quels que soient votre âge et votre sexe, car il touche à l’essentiel : enlever pour ne garder que le beau et l’utile. Enlever, voilà bien la difficulté. Inutile ici de résumer ce livre, de le décortiquer et de le citer à l’infini, j’aimerais simplement vous en donner l’extrait qui m’a paru le plus fort : « Nous ressemblons tous à des degrés plus ou moins variés à des diamants à l’état brut. Plus nous nous polissons, plus nous nous taillons, plus nous prenons forme, plus nous brillons et plus nous attirons. Efforcez-vous d’aller toujours vers la perfection»

 

 

Nous sommes tous des tailleurs de diamants*

Si l’on sort cette phrase de son contexte, elle s’applique parfaitement aux arts martiaux. Le karaté est l’art de la simplicité, répéter à l’infini le même geste pour créer une épure, voilà l’objectif, le Graal ultime. Le premier sensei à m’avoir formé est, selon moi, un karateka hors-normes et probablement le combattant le plus efficace que j’ai jamais rencontré. Ce qui me fascine chez lui, c’est sa faculté à faire d’un seul geste un process qui met en relation l’intégralité du corps et qui prend sa source dans le « ki » et dans les muscles profonds. Chaque technique est une « mécanique huilée » qui tutoie la perfection et l’efficacité absolue. Vue de l’extérieur, c’est beau, c’est simple.

Beau ? Simple ? L’intégralité du livre de Dominique Loreau parle de ce rapport entre beauté et simplicité. La pureté d’une décoration sobre ; l’élégance d’une robe de qualité ; la magie d’une relation épanouissante ; la force d’une technique de karaté maîtrisée. Je suis fan de Roger Federer et son tennis fluide inspire mon karaté. Jusqu’à l’impact, tout est relâchement. Jusqu’à l’impact, tout est esthétique. A l’impact, force, fermeté, précision. Et son mental est celui d’un guerrier : seule la victoire compte !

 

Il n’y a pas de coup vide !

INTENSITÉ : frapper chaque technique comme si c’était le coup ultime. Vivre chaque jour comme si c’était le dernier.

Lors de votre prochain entraînement, pensez à polir votre karaté. Si vous le faisiez de manière inconsciente, à présent, faites-le « en pleine conscience », en recherchant la simplicité. Qui reste la voie la plus difficile. Et surtout ne pratiquez plus par habitude, comme on fait un footing en pensant à autre chose. Ne faites aucune technique dans le vide, parce que le Sensei vous la demande. Soyez dedans, à 100%. Vivez-la comme une expérience unique et intense. Comme devrait l’être chaque moment de notre vie.

Le karaté n’est pas un sport, c’est une discipline, au sens premier du terme. Il exige de vous un engagement physique et moral total. Pensez-y. Appliquez-le. Et le karaté vous rendra au centuple ce que vous lui donnez : concentration, force, moralité, efficacité.

 

Je n’ai jamais connu un bon karateka qui ne soit pas un homme (ou une femme) de qualité, respectueux de soi et des autres. Pratiqué dans les règles de l’art, le karaté fera de vous un être meilleur, au-delà de ce que vous pouvez imaginer.

 

Simplifiez votre karaté, enrichissez votre vie ! Et ne lâchez rien, ni aujourd’hui ni demain.

 

* voir à ce sujet l’un de nos articles sur nos expériences en boxe thaï, quand Coach Salif professait : « Tonton, nous sommes des tailleurs de diamant. La boxe est un art et tu dois écrire ton propre style. Ca va prendre du temps. Tu ne peux pas demander à la plante de pousser en deux jours. Il faut l’arroser, patienter, lui donner de l’amour. Ta boxe, c’est pareil. Prends le temps de la polir, comme si tu taillais les facettes d’un diamant. Ca va prendre quelques années, alors ne te précipite pas. Maîtrise ton corps, maîtrise ton souffle. Ne laisse pas ton orgueil polluer ta boxe. »

 

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